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Droit du travail : la CFDT fustige un débat « très idéologique »

31 Août 2015, 23:05pm

Publié par CFDT CA Languedoc

Droit du travail : la CFDT fustige un débat « très idéologique »

Pour le leader de la CFDT, Laurent Berger, « pas question de casser le Code du travail et d’enlever des protections aux salariés » .

 

Il n’y a pas qu’à l’université d’été du Medef qu’on a parlé temps de travail. La CFDT tenait elle aussi son rendez-vous annuel la semaine dernière. Son thème ? « Le travail à l’épreuve des temps ». Emmanuel Macron n’aurait pas reçu le même accueil chez les syndicalistes que chez les patrons . Jeudi, ces derniers ont ovationné le ministre de l’Economie lorsqu’il a remis en cause la réduction du temps de travail. « Faux débat », «  effet de tribune »… Et « bêtise sur le fond », a dénoncé le leader de la CFDT, Laurent Berger, le lendemain.

 

Les syndicalistes ont, eux, réservé un bon accueil à un membre du gouvernement qui a pris le contre-pied d’Emmanuel Macron. « La durée légale du temps de travail est de 35 heures et le restera », a affirmé d’entrée de jeu François Rebsamen sous les applaudis­sements. Le ministre du Travail en partance pour la mairie de Dijon était venu parler du compte personnel d’activité, créé par la loi sur le dialogue social du 17 août dernier. L’idée est, pour chaque individu, de « rassembl [er] , dès son entrée sur le marché du travail et tout au long de sa vie professionnelle, indépendamment de son statut, les droits sociaux personnels utiles pour sécuriser son parcours professionnel ». Son ­contenu devra être défini pour une entrée en vigueur le 1er janvier 2017. Le sujet devrait être au menu de la conférence sociale d’octobre.

 

Le débat tombait à point nommé face à l’autre thème phare du rendez-vous du Medef. Son président, Pierre Gattaz, a concentré ses tirs contre le Code du travail. Laurent Berger a fustigé ceux qui veulent « faire croire [qu’il] est la cause de tous les maux », critiquant un débat « très idéologique ». Pour le leader de la CFDT, « pas question de casser le Code du travail et d’enlever des protections aux salariés ». Il s’est ainsi refusé à échanger plus de flexibilité contre des droits individuels renforcés. « La protection des salariés n’est pas anti-économique, elle participe à la performance économique », a souligné le syndicaliste. C’est à cette aune qu’il va « regarder » le rapport confié à Jean-Denis ­Combrexelle. « S’il se résumait à supprimer des pages du Code du ­travail ou inverser la hiérarchie des normes, on lui opposerait une fin de non-recevoir », a-t-il averti.

Propositions à venir

Par ailleurs, il ne veut pas que le compte personnel d’activité « soit réglé entre trois intellos à France Stratégie ». Assurance-chômage, formation, couverture santé, pénibilité, nécessité d’accompagner les salariés qui en ont le plus besoin et « sont le moins en capacité de saisir leurs droits… Les ficelles à tirer sont énormes », a expliqué le Cédétiste, soulignant que la confédération a déjà commencé à travailler sur le sujet et fera des propositions ­rapidement.

 

La perspective est paradoxale : comme l’a souligné François Rebsamen, le compte personnel d’activité est « au départ une idée de la CGT », qui a inventé la « Sécurité sociale professionnelle » au milieu des années 2000. Mais en pleine crise, cette dernière a laissé de côté le sujet depuis des mois et se fait doubler par la CFDT.