Crédit Agricole se lance dans la bataille du véhicule vert à 100 euros par mois
La part des financements et services automobiles dans les revenus de la filiale de « crédit conso » du groupe bancaire doit passer à plus de 50 % d'ici à 2025. Outre le lancement d'offres de location de courte durée dans les centres-villes avec une formule d'abonnement, il s'apprête à se lancer dans le leasing à 100 euros pour les véhicules peu polluants.
Crédit Agricole est plus que jamais décidé à pousser les feux dans la mobilité. « Le financement automobile et plus largement de la mobilité représente actuellement autour de 40 % de nos revenus. Cette part passera à horizon 2025 largement au-dessus de 50 % », déclare aux « Echos » Stéphane Priami, directeur général de Crédit Agricole Consumer Finance (CACF). La filiale de crédit à la consommation du groupe mutualiste a réalisé 2 milliards d'euros de produit net bancaire en 2021.
« LOA sociale »
Le groupe va changer de dimension, avec la pleine entrée en vigueur, début 2023, des accords passés l'an dernier avec Stellantis : CACF et le constructeur automobile vont codétenir une entreprise de leasing auto constituée sur la base d'entités existantes au sein de Stellantis, cumulant déjà 800.000 voitures. Face à BNP Paribas ou Société Générale, partis plus tôt via leur filiale respective, Arval et ALD, l'ambition est d'un million de véhicules à horizon 2026.
Proposition emblématique des nouveaux besoins des consommateurs, CACF « a l'intention de lancer des offres de location de courte durée dans les centres-villes avec une formule d'abonnement », poursuit Stéphane Priami, pour qui une telle offre peut « intéresser un public urbain qui ne souhaite pas détenir de véhicule, mais souhaite se déplacer pour le week-end ou les vacances ». Elle pourrait être déployée en coopération avec des concessionnaires. Une offre de ce type baptisée « Car cloud » et disponible sur Amazon est déjà distribuée en Italie, en France et en Espagne. Elle doit bientôt être étendue au Portugal et à la Grande-Bretagne.
En France, une offre de location avec option d'achat (LOA) à moins de 100 euros par mois ( « LOA sociale ») est en outre à l'étude, « mais cela nécessite l'assemblage de plusieurs solutions, et de connaître les propositions que pourraient faire les pouvoirs publics en la matière ». La filiale Sofinco pourrait ainsi se positionner sur une LOA de sept à huit ans à taux réduit, sur des véhicules neufs comme d'occasion très peu polluants (Crit'Air 0 ou 1), électriques comme thermiques. BNP Paribas a dévoilé récemment une offre similaire, accessible aux ménages modestes . Les banques prennent date, alors que, pendant la campagne électorale, Emmanuel Macron a promis de mettre en place un dispositif de leasing à 100 euros.
Flotte de véhicules « green »
Le dispositif de Crédit Agricole, qui s'inscrit dans le cadre de ses ambitions globales à horizon 2025, évolue dans une période de bouleversement de la mobilité. Du côté des consommateurs, le passage de la propriété à l'usage ou l'arrivée de zones à faible émission (ZFE, où les véhicules polluant ne peuvent plus circuler), change la donne.
« Comme nous sommes entrés plus tardivement sur ce métier, nous n'avons pas un stock important de voitures thermiques à gérer, fait valoir Stéphane Priami. Nous allons donc pouvoir très rapidement nous tourner vers une flotte de véhicules 'green' », ajoute-t-il, alors que le verdissement des déplacements devient un axe incontournable pour les acteurs de la filière.
Du côté de l'offre, le paysage est lui aussi en train de changer. Les réseaux de distribution évoluent avec « la concentration des constructeurs, l'apparition de petites marques, la rapide professionnalisation du marché de l'occasion, et les concessionnaires qui mènent un mouvement de consolidation », décrit le dirigeant.
Montée à 100 % dans FCA Bank
Outre sa coentreprise de leasing avec Stellantis, CACF va monter à 100 % dans FCA Bank (et dans Leasys Rent) pour en faire son propre outil de financement et services automobiles, sous un nouveau nom. L'entité vise les 10 milliards d'euros d'encours à horizon 2026, soit environ le double des encours actuels (en marque blanche).
Dans l'ensemble, le dispositif de CACF va couvrir les 18 pays où est présent FCA Bank et également s'appuyer sur les cinq pays où il opérait déjà historiquement. Ainsi dans ces cinq pays (France, Italie, Portugal, Allemagne et Espagne), la nouvelle FCA Bank et les entités historiques de CACF vont cohabiter. « Les deux offres pouvant être complémentaires, nos partenaires auront le choix », poursuit le dirigeant.
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Crédit Agricole espère remporter l'appel d'offres de la SNCF dans le paiement fractionné Parmi les axes de conquêtes de Crédit Agricole Consumer Finance (CACF), le marché du paiement fractionné figure en bonne place. « Nous avons l'ambition d'atteindre 20 % de part de marché d'ici 2025, contre 15 % actuellement », assure Stéphane Priami, le patron de CACF. Ainsi, la banque espère remporter l'appel d'offres lancé par la SNCF pour les solutions de paiement en plusieurs fois. Mais tous les acteurs du secteur sont sur le coup. Sur ce métier en France, le secteur est dominé par Oney (BPCE), et Floa (BNP Paribas). Mais il subit l'assaut des fintechs telles que le suédois Klarna, l'italien Scalapay ou encore le français Alma, qui grignotent des parts de marché. « Selon nous, il va y avoir une prime aux acteurs traditionnels, veut croire Stéphane Priami. Le retournement des conditions économiques, notamment la diminution de la liquidité et la hausse du coût du crédit, mais également le renforcement de la régulation vont complexifier la tâche aux nouveaux entrants. » |







