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CFDT Crédit Agricole Languedoc

CFDT Banques interview Pascal FESQUET

16 Septembre 2009, 23:16pm

Publié par CFDT CA Languedoc

 

Interview réalisée par Ph Vigneron (CFDT banques).

 

 

PASCAL : « se situer au plus haut niveau de décision »

 

 

 

Solide, le groupe Crédit Agricole n’a pas échappé à la crise. De nombreuses restructurations sont en cours. Le point sur la situation, avec Pascal Fesquet, militant de la Fédération Générale Agroalimentaire CFDT, et secrétaire du comité de groupe et du comité d’entreprise européen du groupe bancaire.

 

Quelle est la situation actuelle du groupe Crédit Agricole ?

 

Avant toute chose, il faut présenter l’originalité du groupe Crédit Agricole. Elle repose sur le fait qu’il est constitué de deux entités distinctes. On trouve d’un côté un groupe d’entreprises appelées Caisses Régionales, qui comprend les banques de détail bien connues du grand public, et de l’autre Crédit Agricole SA,( propriété à 54% de ces caisses régionales)  qui détient, entre autres, LCL, la banque de financement Calyon, les services financiers et les assurances comme Prédica. Les imbrications de ces deux entités sont fortes : premiers actionnaires, les Caisses Régionales sont aussi les premiers clients de Crédit Agricole SA qui leur fournit, par exemple, les produits d’assurance, d’épargne, les aides aux grandes entreprises via Calyon, le crédit à la consommation via Sofinco ou Finaref. Ces Caisses Régionales sont solides et entendent rester actionnaires majoritaires. Le groupe Crédit Agricole n’est pas « opéable ».

 

 

Comment le groupe résiste-t-il à la crise ?

 

En deux ans et demi, on peut estimer les pertes du groupe à 10 milliards d’euros. Crédit Agricole SA a beaucoup souffert et plus largement maintenant le groupe dans son entier. Après la crise financière, la crise économique frappe les entreprises et les particuliers, les défauts de paiement sont nombreux. Par exemple, on constate une difficulté de remboursement des prêts à la consommation et une prudence accrue des particuliers, ce qui ralentit l’activité des organismes de prêts.

 

 

Quelles est le pôle du groupe le plus touché ?

 

Calyon est l’entité la plus touchée avec 540 suppressions d’emplois, dont 154 en France ; ce chiffre atteint 700 si l’on ajoute le PSE en cours actuellement chez Cheuvreux, banque de courtage. Notons, en outre, que les opérations de courtage ont baissé ces derniers mois, et que cela réduit les revenus de l’entreprise. À ce propos, la CFDT souhaite que le groupe maintienne sa politique de réduction des risques et ne s’aventure pas à nouveau dans des opérations spéculatives aussi coûteuses qu’hasardeuses ; lesquelles ne sont pas sans conséquence sur l’avenir des 160 000 salariés du groupe .

 

 

Quelles sont les autres entreprises frappées par les restructurations ?

 

La récession en cours accélère la mise en place de plans de réductions des coûts. Le groupe provisionne des milliards d’euros pour risques supplémentaires et prend des mesures d’austérité. Plus de 200 emplois seront supprimés avec la fusion Sofinco/Finaref, tandis que le joint-venture entre les sociétés de gestion d’actifs Crédit Agricole Asset Management et Société Générale Asset Management devrait se solder par des réductions d’effectifs. Au niveau des banques régionales, les projets de coopération auront aussi un impact sur l’emploi . De plus la création d’une informatique commune pourrait menacer 1000 postes dans les 4 ans.

 

 

Et qu’en est-il de l’international ?

 

Sur le plan international, le groupe doit faire face à des survaleurs : en Italie et en Grèce, des banques ont été achetées en haut de cycle, aux prix fort. Aujourd’hui frappées par la crise, elles sont dépréciées et subissent de fortes baisses d’activités. C’est le cas d’Emporiki, en Grèce, l’un des pays européens les plus touchés par la crise, qui cumule les pertes. Un plan prévoit 1 500 suppressions de postes sur 5 500 et la fermeture de 57 agences.

 

 

Comment agit la CFDT ?

 

La CFDT est présente dans l’ensemble des entités du groupe Crédit Agricole. Au niveau « entreprise », dans le cas d’un Plan de sauvegarde de l’emploi par exemple, les élus des comités d’entreprise et nos délégués syndicaux interviennent sur l’ensemble des opérations, comme la loi le prévoit. Au niveau groupe, le comité de groupe et le comité d’entreprise européen sont des lieux qui permettent de faire entendre la voix de la CFDT là ou les choix économiques et stratégiques sont pris. Pour la CFDT, il est essentiel d’y siéger, et d’y être actif afin d’influer au plus haut niveau de décision et de faire entendre nos revendications syndicales. A titre d’exemple : début septembre, le comité restreint du Comité d’entreprise européen se rend en Grèce pour discuter avec toutes les parties concernées par le plan de restructuration d’Emporiki afin de pouvoir  interpeller avec plus encore de pertinence le directeur du groupe Georges Pauget, le 24 septembre, lors de la plénière du Comité d’entreprise européen. Il s’agira aussi de peser au niveau groupe pour que la négociation locale se passe le mieux possible ensuite.

 

 

Le groupe Crédit Agricole dépend de plusieurs fédérations au sein de la CFDT. Cela a-t-il des conséquences sur l’action syndicale ?

 

Pas du tout. En effet, les salariés du groupe Crédit Agricole peuvent  dépendre de plusieurs conventions collectives et donc de plusieurs fédérations CFDT : la FGA CFDT et la CFDT Banques, sans oublier la branche assurances de la Fédération des Services. Les contacts entre les fédérations concernées et leurs responsables, Véronique Descacq pour la CFDT Banques, Denis Longeron pour la FGA CFDT Crédit Agricole, et Régis Versaveau pour les assurances, sont constants. Au sein des comités de groupe et comité d’entreprise européen, les élus CFDT en premier lieu travaillent régulièrement ensemble dans l’intérêt de tous les salariés du groupe.

 

 

Légende photo :

Signature de l'accord mettant en place un Comité d’Entreprise Européen pour le groupe Crédit Agricole. Pascal Fesquet signe le document avec à sa droite Joël Gérin, délégué syndical  CFDT de Crédit Agricole SA, ainsi qu’une partie des 27  représentants des salariés en Europe (présents sur la photographie) : ( Vassilis Chérétis et Yurgos Constantinopoulos Gréce, Christophe Bour Luxembourg, Quintin Pastor Camacho Espagne, Facer Derek Grande Bretagne, J.P Debruxelles Belgique, Rainer Stoll Allemagne et Louis noel Pernot France. Derrière Pascal Fesquet, on trouve à gauche Georges Pauget, directeur général de Crédit Agricole SA et René Carron, président du groupe, à droite.

 

LA CFDT AU SEIN DU GROUPE CRÉDIT AGRICOLE

9 élus CFDT sur 30 au comité de groupe

7 français dont 3 élus CFDT élus au comité d’entreprise européen qui compte 27 élus

 

GROUPE CRÉDIT AGRICOLE : CHIFFRES CLÉS

N°1 en France avec 28% de part de marché auprès des ménages

N° 2 en France en assurance

160 000 collaborateurs dans 74 pays
3 marchés domestiques : France, Italie, Grèce
58 millions de clients particuliers dans le monde
11 850 agences bancaires dans plus de 20 pays

 

CRÉDIT AGRICOLE SA

 

Crédit Agricole SA détient 25 % des 39 Caisses régionales qui possèdent 7100 agences et emploient 76 000 collaborateurs. Le public détient 45,2% du capital de Crédit Agricole SA.

Crédit Agricole SA regroupe les filiales suivantes :

  • LCL : 22 000 collaborateurs, 6 millions de clients, 2050 agences ;
  • Banque de détail à l’international (Cariparma, Emporiki Bank, Lukas Bank, Crédit du Maroc…) : 30 500 collaborateurs, 2400 agences, 5 millions de clients dans plus de 20 pays (Europe du sud et de l’est, bassin méditerranéen) ;
  • Gestion d’actifs, assurance et banque privée (Crédit Agricole Asset Management, Crédit Agricole Assurance, Crédit Agricole Private Bank) : 8560 collaborateurs ;
  • Services financiers spécialisés (Sofinco, Finaref, Crédit Agricole Leasing, Eurofactor) : 11 350 collaborateurs ;
  • Banque de financement et d’investissement (Calyon, Cheuvreux, Newedge, CLSA) : 12 300 collaborateurs.