Campagne Saisonniers 2010 : Deux journées denses dans l’Hérault et le Gard
« Vous êtes revenus ! On ne vous a pas vu l’année dernière, on pensait que vous en aviez terminé de vos tours de France. C’est bien de continuer tous les ans », lâche un commerçant du Grau du Roi à l’arrivée du bus. A l’image de cet "instant souvenir ", l’accueil chaleureux en ce 13 août a ravi les militants de Languedoc-Roussillon – dont beaucoup ont pris sur leurs vacances – pour venir informer les saisonniers de leurs droits les plus élémentaires. « Mon fils a été embauché. On lui a dit que ça ne serait pas du travail au noir, mais son patron a refusé de lui faire signer un contrat et le paye en liquide chaque fin de semaine», s’inquiète ce père de famille. Quelques minutes plus tard, trois jeunes, qui ont bel et bien leur contrat signé, viendront s’informer sur les recours juridiques existants en cas de non paiement des heures supplémentaires. « Ils les ont toutes notées, à chaque fin de semaine. Mais aujourd’hui, leur patron conteste ces heures et leur explique qu’il n’en paiera certainement pas autant qu’ils prétendent en avoir effectuées », explique Marie-Hélène Le Borgne, responsable de l’étape du Grau du Roi.
Parce que les abus sont nombreux en Languedoc-Roussillon, et que les recoins touristiques ne manquent pas sur cette frange de la côte méditerranéenne, les organisateurs de la campagne régionale avaient tenu à ce que le bus Saisonniers reste deux jours sur le département de l’Hérault. Mais si l’accueil a été plutôt chaleureux au Grau du Roi, il n’en a pas été de même pour la Grande Motte, où la CFDT s’est vue refusée l’accès du bus par le maire de la ville. Qu’à cela ne tienne, les militants ont décidé de laisser le 14 août bus au Grau du Roi, « permettant à des saisonniers de revenir le lendemain de notre passage dans les restaurants, après avoir lu la documentation que nous leur avions fournie », pendant que d’autres militants ont arpenté à vélo et à pieds les rues commerçantes de la Grande Motte. « Les saisonniers se font plus rares que les années précédentes à la Grande Motte. Beaucoup de patrons de petits commerces tiennent eux-mêmes leur affaire. Quant à la restauration, les effets de la crise se font ressentir, et les patrons ont ajusté le recours aux travailleurs saisonniers en conséquence», poursuit Marie-Hélène.
Aussi les militants ont-ils profité de la proximité avec les estivants pour lancer une mobilisation d’ampleur le 7 septembre. « La visibilité offerte par la campagne saisonniers nous a permis de faire une très large diffusion de nos positions sur le sujet des retraites, avec la aussi un accueil très favorable, mis à part quelques grincheux qui considèrent que tout s’arrête pendant les vacances », analyse Jacques Artières, secrétaire de la CFDT-Hérault. « Ce sera peut être les mêmes que l’on retrouvera dans trois semaines aux premiers rangs des manifestations »… Laissons les alors bougonner à leur guise pendant leur vacances !






