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CFDT Crédit Agricole Languedoc

Jean-Paul Chifflet : « En 2016, 100% des services et de l’offre seront accessibles via le digital »

21 Mars 2014, 00:03am

Publié par CFDT CA Languedoc

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Le Directeur Général de Crédit Agricole SA, l’organe central du groupe mutualiste, précise les ambitions de ce dernier à l’horizon 2016. Si aucun plan de réduction du réseau d’agences n’est prévu dans le plan stratégique à moyen terme, le groupe va transformer BforBank en véritable banque en ligne.

Comment vont évoluer vos réseaux d’agences dans les trois prochaines années ?

Le Crédit Agricole, c’est un réseau d’environ 9 000 agences (7 000 pour les Caisses Régionales et environ 2000 pour LCL). Les Caisses Régionales affichent le meilleur coefficient d’exploitation de la place, à 54%. On ne gaspille donc pas un sou ! Dans notre Groupe, nous avons toujours adapté notre réseau à son environnement démographique et économique en tenant compte des lieux où sont implantées nos agences. Nous n’avons pas de plan de réduction du réseau. Une grande majorité de nos clients y viennent encore, et même si à terme ils ne s’y rendaient plus qu’une ou deux fois par an, ils ont encore besoin du contact humain, notamment lors des grandes décisions de la vie. Nous allons donc innover et transformer notre banque de proximité pour mieux servir nos clients et accentuer notre leadership en France. Nous allons renforcer les expertises et les compétences de nos conseillers Cette stratégie n’est pas incompatible avec le développement de la banque digitale, bien au contraire, la banque de proximité que nous défendons est une banque multicanal. En 2016, 100% des services et de l’offre seront accessibles via le digital. Les Caisses régionales de Crédit Agricole vont investir 1,8 milliard d’euros d’ici à 2016 principalement dans la transformation du modèle de distribution et la rénovation des agences.

 

LCL va-t-elle conserver son modèle actuel ?

Nous souhaitons que LCL soit la banque relationnelle et digitale de référence en ville. Très concrètement, le client bénéficiera du même service quelle que soit l’agence où il se rendra, partout en France, et quel que soit le canal utilisé. L’accessibilité aux conseillers va également être étendue, pour répondre aux besoins d’une clientèle urbaine, plus mobile, très orientée vers les professions libérales et les entreprises. Nous lançons un plan de transformation global sur 5 ans, avec un programme d’environ 300 millions d’euros d’investissements supplémentaires sur trois ans, dont 160 millions pour de nouveaux développements informatiques et 140 millions pour l’accompagnement humain et le réseau d’agences.

 

Quelle sera la place de BforBank dans votre dispositif ?

Nous allons transformer BforBank, qui propose aujourd’hui uniquement une offre d’épargne en ligne, en véritable banque Internet, avec une offre complète : les comptes courants et l’offre de banque au quotidien en 2015, puis les crédits immobiliers en 2016. Nous visons 25.000 nouveaux dépôts à vue par an à compter de 2015, environ 170.000 comptes et 4,5 milliards d’euros d’encours à horizon 2016.

 

Votre plan stratégique est essentiellement tourné vers la France. Les marges de croissance y sont-elles suffisantes ?

Aujourd’hui, 73% de notre activité se fait en France et 21% en Europe hors de France. L’Hexagone est un marché propice au métier bancaire : un PIB par habitant au 2è rang des grands pays européens, un patrimoine des ménages français supérieur à celui des ménages allemands ou britanniques. De plus, l’activité de crédit reste en France assez dynamique et peu risquée. Et nous avons encore de grandes marges de progression dans les services bancaires et la bancassurance. Notre objectif est de porter le taux de détention des clients des Caisses régionales en assurance auto, multirisques habitation, santé ou garantie des accidents de la vie à 40%. Nous allons également nous lancer sur le marché de l’assurance collective santé et prévoyance, dans la foulée de la loi sur l’Emploi. Au total, en nous appuyant sur l’ensemble des banques de proximité et des métiers, nous voulons augmenter nos synergies de revenus au sein du Groupe de plus de 850 millions d’euros à l’horizon 2016.

 

Quels sont vos projets de développement en Europe ?

Nous n’avons pas de plan d’acquisition externe, nous allons mener une politique de croissance organique ciblée, notamment en Italie et en Pologne. Avec l’objectif d’augmenter nos revenus de 12% d’ici 2016. En Italie, notre second marchédomestique, nous allons moderniser notre banque de détail Cariparma, développer notre activité d’assurance et de prévoyance et devenir la banque de référence sur l’agriculture et l’agroalimentaire. Nous réservons à Amundi la possibilité de réaliser des acquisitions, si des opportunités se présentent et selon des critères précis. Notre objectif : 1000 milliards d’euros d’encours gérés.

 

La Banque de France veut relancer la titrisation des crédits immobiliers, pour permettre aux banques de prêter davantage tout en respectant les ratios réglementaires. Comptez-vous participer à ce mouvement ?

Oui, si le système est mis en place, nous pourrons participer. En France, les encours de crédit globaux sont de 1.950 milliards d’euros, dont 1.000 milliards sur le logement ! En titriser une partie est donc possible si les marges le permettent. Je souligne quand même qu’il s’agit de techniques à l’anglo-saxonnne qui avaient toujours été considérées comme à l’opposé de la culture économique et bancaire française.

 

Le régulateur français refuse désormais d’agréer les présidents de Caisse régionale en tant que dirigeant responsable. Qu’en pensez-vous ?

Nous faisons un travail de conviction auprès du superviseur bancaire pour expliquer la particularité de notre modèle coopératif. Nous lui avons écrit et attendons sa réponse.

 

Le groupe Crédit Agricole travaille à une réforme de sa gouvernance, qui donnerait plus de pouvoir aux Caisses régionales face à Crédit Agricole SA. Qu’en pensez-vous ?

J’avais indiqué le 13 septembre que nous avions entamé des réflexions. Elles ne sont pas abouties. Si elles devaient aboutir, nous informerions le marché.

Source : Les Echos.fr