"Le capital doit financer la protection sociale au même titre que le travail"
Invité de France Inter le 5 septembre 2012, François Chérèque est revenu sur ses propositions pour pour lutter contre le chômage et relancer la compétitivité, en tordant le cou à certaines contrevérités.
Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a défendu mercredi sa position sur le coût du travail dans une réponse directe aux "petites gentillesses entre amis" lancées par les chefs de file de la CGT et de FO qui, selon lui, "déforment" sa proposition.
"J'ai dit que la compétitivité française c'est d'abord un problème de recherche et développement, ensuite de qualification des salariés, c'est un problème de filière professionnelle, et le coût du travail est l'un des problèmes mais pas le seul", a déclaré M. Chérèque sur France Inter.
"Moins le coût du travail est élevé, plus vous êtes compétitif", a-t-il ajouté, indiquant que l'objectif de la CFDT "n'est pas de baisser les salaires, mais de faire en sorte que le financement de l'assurance maladie et des politiques familiales ne soit plus uniquement supporté par le travail mais aussi par les revenus du capital et du patrimoine".
"Le capital doit financer la protection sociale au même titre que le travail", a-t-il dit.
M. Chérèque s'est défendu d'avoir "une démarche libérale" et d'être sur la même ligne que le Medef, comme l'en a accusé Bernard Thibault (CGT). Quant à Jean-Claude Mailly (FO) qui l'a taxé de "social libéral", M. Chérèque lui a répondu que "c'est lui qui défend le capital".
Thibault comme Mailly "déforment ma proposition", a estimé M. Chérèque.
"C'est un transfert d'une partie de ce qui est supporté par le travail sur les revenus du capital et sur les revenus du patrimoine, c'est plus juste socialement car ce n'est pas que le travail qui finance, en plus ça allège les entreprises par rapport à l'emploi", a expliqué le dirigeant syndical.
Sur la négociation sur le dossier ardu de la sécurisation de l'emploi qui va s'ouvrir, M. Chérèque a dit souhaiter "encadrer les négociations", car la "flexibilité est partout" avec entre autres "les CDD des jeunes", "le temps partiel imposé" que subissent d'abord les femmes.
"De plus en plus de sections syndicales de tous les syndicats -- CFDT, CGT, FO -- signent dans leur entreprise sous le chantage de leur patron, sans aucun encadrement de ces négociations et on ne demande jamais à l'employeur de faire la démonstration qu'il y a un problème économique", a avancé M. Chérèque, déplorant que "lorsque ça va mieux dans l'entreprise, il n'y a jamais de retour financier pour les salariés".
"Puisque ça existe de plus en plus, il faut encadrer ces négociations", a-t-il dit.
Sur le renoncement du gouvernement de raboter les allègements de charges sur les bas salaires, M. Chérèque a rappelé que la CFDT est "pour les conditionnalités".
"On maintient ces allègements mais on (les) conditionne à une action positive de l'entreprise vis-à-vis de l'emploi. La contrepartie demandée maintenant c'est l'embauche de ces contrats de génération, et c'est plutôt dynamique parce que ça permettra de créer de l'emploi plutôt que d'en supprimer", a dit le n°1 de la CFDT.






